
Trujillo – Des voleurs très bien organisés !
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Ceviche péruvien. |
Je vais écrire ce qu’il vient de m’arriver parce que je pense que ça va me calmer un peu… Aujourd’hui, j’étais tout seul à Trujillo. J’ai fait mon petit tour comme d’habitude pour visiter la ville. J’ai trouvé une laverie et je suis allé manger. Au départ, je voulais manger pour pas cher (genre 6 soles), mais sur le chemin j’ai croisé une Cevicheria pleine de locaux. Restaurant dans lequel ils font du ceviche, une spécialité du Pérou, du poison cru dans un citron. J’avais déjà essayé une fois, mais ça ne m’avait pas plu. La couchsurfeuse avec qui j’avais essayé m’avait dit que celui-là qu’on avait mangé n’était vraiment pas bon, qu’il fallait que j’en essaie un autre. Cette Cevicheria pleine de locaux était alors le bon moment pour goûter un bon ceviche. Je suis rentré et j’ai commandé mon ceviche. Tout de suite, deux gars de la table à côté se retournent et me complimentent sur mon espagnol. Ils me demandent d’où je viens et je réponds de Suisse (alors que normalement, je dis de France). Un d’entres eux me dit alors qu’il vit en Suisse, à St-Galle et commence à me parler allemand (il a l’air de très bien connaitre La Suisse).
Je leur demande alors comment il faut manger le Ceviche. Ils me demandent si ce n’est pas plus simple que l’on s’assied ensemble afin de faire plus amples connaissances. J’accepte et prends mon sac à dos pour le mettre entre mes jambes (je ne suis pas confiant). On discute et les gars me disent d’être de Barranco à Lima et que l’un d’entre eux vit en Suisse. Ce dernier apprend le français et me demande de l’aider pour un devoir qu’il a à rendre dans ses cours. Je leur demande ce qu’ils font à Trujillo et ils me répondent qu’ils viennent ici aujourd’hui juste parce que c’est la fête de la salsa. Ils vont donc faire la fête ce soir et je leur propose qu’on y aille ensemble. Ils me disent qu’ils ont aussi des copines locales qui vont venir ce soir.
Ils me proposent d’aller boire un Pisco (alcool fort local) ensemble après le repas. Il est un peu plus de midi, j’ai déjà bu une grande bière, j’accepte volontiers. On discute de plein de choses pendant que je mange mon ceviche. Un des deux me dit qu’il vit aux États-Unis et qu’il va partir en Équateur demain pour poursuivre ses vacances. Il me précise aussi qu’il s’est fait voler dans le bus en arrivant à Lima. Il a mis son sac dans le compartiment du haut pendant le voyage et une fois arrivé, plus de sac. Il avait son passeport dedans, sa carte de crédit et d’autres choses. Du coup, il ne peut plus retirer d’argent. Heureusement qu’il a un père riche qui lui a envoyé des soles (monnaie du Pérou) par western union. Du coup, il a un sac à dos rempli de soles et cela lui fait peur. Il est obligé de prendre des hôtels un peu plus chers pour avoir une chambre à lui tout seul dans laquelle il peut déposer son sac à dos. On discute alors comme ça pendant un moment. On discute aussi des billets de banque. L’un des deux me dit qu’il est collectionneur de monnaie étrangère. Il me montre alors quelques billets qu’il a en sa possession. Je prends une photo avec mon smartphone.Je saute sur l’occasion pour leur demander comment on peut repérer un vrai billet d’un faux. Ils m’expliquent comment faire : le bonhomme doit être visible à travers quand tu mets le billet contre une lumière, il doit y avoir un relief lorsque l’on gratte le costard du personnage. Ils me disent aussi que, ici au Pérou, il n’y a pas beaucoup de faux billet. Que les gens d’ici font surtout ce geste de vérification pour copier les États-Unis qui font ça systématiquement. Je leur explique que, du coup, je regarde moi aussi à chaque fois les billets à travers le soleil sans vraiment savoir comment voir s’ils sont vrais, nous rigolons naïvement de cela…
Une fois le ceviche fini et payé, nous partons ensemble boire notre pisco comme convenu. On prend un taxi ensemble. Je n’aime pas trop ça, j’ai peur que le taxi nous emmène dans une favela et que je me fasse tout voler comme j’ai déjà beaucoup entendu ici en Amérique du Sud. Je leur fais part de ma peur. Ils me disent que c’est vrai, ce n’est pas du tout sûr de prendre un taxi avec des inconnus ici, ce n’est pas comme en Suisse. Encore une fois, nous rigolant de tout ça avec le conducteur du taxi.
Le bar glauque dans lequel ils m’ont emmené. Finalement, tout se passe bien, le taxi nous amène dans un bar local pas trop cher. Ce n’est même pas moi qui paie le taxi. Ma confiance en eux commence vraiment à augmenter. On commence par prendre deux bières. La discussion continue. Les gars parlent anglais, allemand, français assez bien. Je me dis alors que des escrocs ne seraient pas aussi cultivés. Effectivement, c’est triste, mais ici tu te poses toujours la question de savoir si les inconnus que tu viens de rencontrer sont des gens honnêtes ou pas. On continue alors de discuter de tout et de rien et surtout de voyages. Celui qui habite en Suisse me fait alors répondre à un questionnaire en français.
On décide de diviser par trois le pris des deux grosses bières que nous avons achetées. Je n’ai malheureusement qu’un billet de 100 soles que je sors de ma sacoche cachée sous mon pantalon. Je le tends à un des deux gars pour lui dire qu’il peut aller payer avec ça et qu’il n’a cas me rendre la monnaie. Il me montre alors le billet que je viens de lui donner et me dit qu’il est légèrement déchiré, ce qui est effectivement le cas. Je me dis alors qu’il a dû se déchirer lorsque je l’ai sorti de ma poche. Le problème, c’est qu’au Pérou, ils n’encaissent pas les billets déchirés. Il faut aller à la banque, expliquer pourquoi le billet est déchiré et tout cela prend du temps. Mes deux « nouveaux amis » me précisent aussi que pour un étranger, la démarche prend encore plus de temps pour aller échanger un billet déchiré à la banque. L’un d’entre eux me propose alors sympathiquement de prendre mon billet déchiré et de m’en donner un neuf. Il ira lui le changer à la banque le lendemain. Sachant que je pars le lendemain au bord de la mer, j’apprécie le geste et accepte son nouveau billet et le range dans mon porte-monnaie.
Le gars qui part en Équateur me demande alors quelle est la devise de ce pays (car il part demain matin, juste après la fête de la salsa). Je lui réponds que je ne suis pas sûr, mais que je crois que là-bas, tout se paie en $US. Il ne me croit pas et appelle un ami qui vient d’y voyager.Là, il tombe des nues et dit qu’il ne savait pas que c’était le $US en Équateur. Il rajoute que lui n’a que les soles que son père lui a envoyés (vu qu’il s’est fait voler dans le bus et qu’il n’a plus de carte de crédit). Il réfléchit alors, appelle les banques qui lui disent que c’est mort, qu’il n’a aucun moyen de changer ses soles en US dollars. Il dit qu’il doit partir demain matin et qu’il doit impérativement trouver un moyen de changer ses soles en dollars. Il me demande alors combien de temps je vais encore rester au Pérou et si ça vaut la peine pour moi de changer des dollars en Soles. Je lui dis que je n’ai pas de dollars. Il me demande alors comme service qu’on ait ensemble à la banque pour que je retire 200 $ et que lui me donne 660 soles en échange (puisqu’il en a beaucoup que son père lui a envoyé). À ce moment, je ne leur fais pas 100 % confiance, mais je me dis que s’il me donne les soles avant, il n’y a pas trop de risque. Je vais alors à la banque avec lui et retire 200 $. On retourne au bar et lui, il part à l’hôtel en taxi pour chercher ses soles. Ensuite, nous faisons la transaction. Je vérifie bien plusieurs fois qu’ils sont vrais en regardant qu’il y a ce satané petit bonhomme au travers. Je compare minutieusement chaque billets avec celui que j’ai dans mon porte-monnaie. Les billets me paraissent vrais, je lui donne les 200 $. J’ai l’impression qu’ils m’ont arnaqué d’environ 20 soles sur le tôt de change, mais je veux bien leur offrir ça. Ensuite, on discute encore un moment, on convient d’aller se changer à l’hôtel et de se revoir dans 30 minutes.
Mes deux « nouveaux amis » et moi. À pêne arrivé à l’hôtel, je prends un autre billet de 100 $ que j’avais dans ma valise et je vois directement qu’ils ne sont pas pareils. Le petit bonhomme ressort moins et le truc qui devrait briller ne brille pas. Là, je comprends que je me suis fait voler 200 $ et que mes soles sont des faux. À ce moment, tout devient clair. Le billet de 100 soles qu’ils m’avaient échangés quelques heures auparavant était un faux aussi.
Un vrai billet à côté d’un faux (le vrai est à droite). C’est eux qui l’avaient déchiré pour pouvoir me l’échanger avec un des leurs. Tout a été organisé du début à la fin pour me voler. Chaque fois que j’allais aux toilettes, je prenais mon sac à dos avec moi. Il contenait mon appareil photo. Je me souviens qu’ils m’ont fait plusieurs fois la remarque comme quoi je pouvais laisser le sac vers la table, qu’ils n’allaient pas me le voler. Heureusement que je ne l’ai pas fait. Sinon, ils m’auraient aussi volé ma caméra. Ils ont aussi pris plusieurs fois mon téléphone portable pour soi-disant discuter avec un de mes amis sur Whatsapp. J’ai vu par la suite qu’ils ont supprimé toutes les photos que j’avais prises avec eux. Cependant, ces photos se trouvaient encore dans les éléments supprimés, j’ai donc pu les récupérer et les fournir à la police.
Sur le coup, je pète un plomb. Puis, je décide d’écrire toute cette histoire. Ce qui permet de me calmer. Au final, en relativisant, j’ai appris beaucoup avec cette histoire et ça me coûte moins cher que de me faire attraper à uriner dans la rue en Suisse.
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Devant le bar en question, avec la police du tourisme. |
Visite des ruines Chan Chan et départ pour Puerto Chicama


Un commentaire
ruth baumann
:p Trujillo wird Dir immer in Erinnerung bleiben, ich war sehr froh, dass Du diese Stadt schnell verlassen hast.