
Yogyakarta, comme une impression de Bolivie
Mardi, gros choque en sortant de l’aéroport de Yogyakarta (Indonésie). Il n’y a rien, pas d’ATM, pas de guichet d’information, rien ! Je passe une porte et me retrouve directement dehors, il fait environ 32 degrés. Il y a juste un parking et une file de taxis qui me sautent dessus. Je regarde derrière moi et je vois cet aéroport, minuscule. Première chose que je me dis en arrivant : « Le voilà ton dépaysement ! Dans cet aéroport, il n’y a rien, même pas de mur ! » L’aventure commence donc ici, au centre de l’Indonésie, sur l’île de Java.
L’île de java se situe entre l’île de Sumatra au nord-ouest, Bali à l’est et Bornéo au nord. Elle contient 60 % des 250 millions d’habitants de l’Indonésie. Ses près de 150 millions d’habitants en font l’île la plus peuplée du monde. Sa capitale est Jakarta, tout à l’ouest de l’île. Cette ville est accessoirement aussi la capitale de l’Indonésie. Comme dans le reste de l’Indonésie, la majorité des habitants y sont de religion musulmane.
Qui dit aventure, dit Couchsurfing. Sausan, ma Couchsurfeuse, vient me prendre en voiture à l’aéroport, la classe ! Bon, j’apprends très vite qu’elle n’a pas le permis de conduire, mais, en Indonésie, c’est un détail. Elle m’amène directement dans un bureau de change au centre de la ville, m’achète une carte SIM locale valable pour mes deux semaines de voyages puis on va manger un petit quelque chose. Le restaurant dans lequel on va n’a pas de chaise, on doit enlever les chaussures et s’asseoir par terre, ça me plait.
C’est vraiment pour ce genre de choses que d’être avec des locaux nous facilite la vie. En 1 heure, je me sentais déjà chez moi ! Voici mon lit pour mes prochains jours à Yogyakarta.
Sausan est une étudiante musulmane qui vit avec sa belle soeur, les deux filles de sa belle soeur et la maman de sa belle soeur. Son frère travaille énormément et dans une autre ville, je ne l’ai donc pas vu. Ils habitent dans une maison proche du centre de la ville et elle en profite donc pour héberger des voyageurs désirant s’installer quelques jours dans sa ville.
Le soir, Sausan m’emmène en scooter au centre de la ville, à Malioboro. J’aime l’ambiance, les gens se promènent, rigolent, il y beaucoup de petits commerces dans la rue. Je sens de la pauvreté, mais aucune insécurité. Beaucoup de choses me rappellent la Bolivie, ces ruelles bondées de commerce en tout genre, cette nourriture de rue omniprésente, le style de la musique de rue. Même les gens, leur couleur de peau, leurs attitudes. Cette ressemblance m’étonne. J’assimile cette ville à une ville Bolivienne, mais sans la partie insécurité. En effet, les gens ont des smartphones dans leurs mains, se promènent avec des appareils photo réflexes et cela ne choque personne, contrairement à l’Amérique du Sud. Est-ce mon cerveau qui me joue des tours ? Cette ressemblance est-elle infondée ? Je n’ai malheureusement pas de réponse à ça.
Les gens sont souriants, beaucoup de gens me regardent, je suis différent. Certains osent même me demander de faire une photo avec eux. J’en profite pour en faire de même.
Je m’habitue très vite à cet environnement. Sausan est de bonne compagnie et répond à mes quelques questions. Cependant, il y a une chose à laquelle j’ai du mal à m’habituer. Quasiment toutes les femmes sont voilées. Par cette chaleur, je les plains. Il fait tellement chaud, ne seraient-elles pas mieux avec les cheveux à l’aire libre ? Mais c’est comme ça…
Il se fait tard, je suis fatigué. On décide de rentrer, je dois me lever tôt le lendemain pour aller visiter le temps de Borobudur. Arrivé à la maison, je montre mes quelques photos de Singapour à sa famille. Les deux petites filles sont super drôles. Elles parlent un peu d’anglais, je suis impressionné ! Je me suis tout de suite senti très bien accepté et accueilli dans cette très accueillante famille musulmane.
La belle-soeur de Sausan, Mbak vivi me propose même de m’emmener en scooter au terminal de bus le lendemain matin vers 8 heures pour que je puisse prendre mon bus jusqu’à Borobudur. J’accepte volontiers et je vais me coucher.
Visite du temple de Borobudur et coucher de soleil au temple Ijo
Mercredi, Mbak vivi me prend donc comme convenu sur son scooter pour m’emmener au terminal de bus. C’est parfait, il est assez tôt, je pourrai donc prendre le petit déjeuner là bas et acheter de la crème soleil avant de prendre mon bus pour Borobudur (1h30 de bus). Oui, mais voilà, cela ne s’est pas passé comme convenu. Une fois arrivé au terminal (environ 20 minutes après notre départ), Mbak vivi décide, sur un coup de tête, de ne pas s’arrêter et me dit : « Let’s go to Borobudur ! »
Nous voilà donc en direction de Borobudur, pendant une heure, à 2 sur le scooter. C’est tellement gentil de sa part que je ne peux pas refuser ! Cependant, je n’ai rien mangé et je n’ai pas de crème solaire. Je commence même à sentir mon bras qui chauffe sous le soleil de plomb déjà présent vers 8h30. Une fois arrivé à Borobudur, Mbak vivi s’en va pour un retour de 1h30, toute seule… Pourquoi tant de gentillesse ? Je ne l’explique pas.
J’entre donc dans le temps, sans avoir rien mangé et sans crème solaire. Ma peau n’étant habitué qu’aux combinaisons de skis de notre hiver Suisse, pas besoin de vous décrire l’état de ma peau à la fin de la journée…
Le chemin menant au temple fait vraiment son effet. Ce temple bouddhiste construit à peu près en l’an 800 est vraiment énorme et magnifique ! Il a été redécouvert en 1814. Il sert à la fois de sanctuaire dédié au Bouddha, mais aussi de lieu de pèlerinage bouddhiste.
Je monte donc les escaliers menant au temple, prends une dernière photo de ce qu’il y a derrière moi et me perds pendant des heures dans les différentes galeries présentes à chaque étage du temple.
Au sommet, une fois arrivés sur la terrasse supérieure, nous pouvons observer un gros nombre de ces cloches. Il paraît qu’il y en a 72.
Pour l’anecdote, même à Borobudur, les gens ne cessaient pas de vouloir prendre des photos avec moi. Vu que j’étais tout seul et que personne ne pouvait me prendre en photo, j’en ai profité pour faire des photos avec ces inconnus ! ☺️
Une fois sorti du temple, après environ 3 heures de visite, j’ai mangé pour la première fois de la journée et je suis retourné en ville où j’ai tout de suite acheté de la crème solaire.
Le mercredi soir, Sausan m’a amené au temple Ijo pour y voir le magnifique coucher de soleil. Nous voilà donc partis, à nouveau en scooter, sur des routes quelque peu scabreuses.
Jeudi, visite de Water Castel et du temple de Prambanan
La pluie a fait son apparition et nous avons décidé d’aller boire un verre avant de prendre la route pour le temps Prambanan. En espérant que le ciel se dégagerait pour le coucher de soleil.
Lorsque la nuit s’est mise à tomber, le spectacle était vraiment sensationnel ! Tout le ciel est devenu coloré mettant en place un décor indescriptible.
L’appel à la prière musulman que l’on peut entendre 3 fois par jour dans les rues de Yogyakarta est venu s’ajouter à ce cadre surnaturel. Vraiment l’impression d’être dans un autre monde lors de cet instant très intense !
Malheureusement, la sécurité ne m’a pas laissé profiter pleinement de l’instant jusqu’au bout. En effet, aussitôt le soleil couché, nous avons été guidés vers la sortie. Pourtant, le ciel était encore vraiment magnifique en cet instant.

